Mathématiques1ère

Arguments et démonstrations
Exercices corrigés

Maîtrisez les arguments et démonstrations : preuves directes, contraposée, disjonction des cas, récurrence grâce à ces 5 exercices détaillés.

Concepts & Exercices
\(P(n) \Rightarrow P(n+1)\)
Récurrence
Directe
\(P \Rightarrow Q\)
Supposer P
Contraposée
\(\neg Q \Rightarrow \neg P\)
Équivalent
Récurrence
Initialisation
Hérédité
🎯
Preuve directe : Supposer la prémisse et démontrer la conclusion.
📏
Contraposée : Pour prouver \(P \Rightarrow Q\), prouver \(\neg Q \Rightarrow \neg P\).
📐
Disjonction : Diviser la preuve en cas selon les différentes possibilités.
📝
Récurrence : Preuve par étapes : initialisation et hérédité.
Exercice 1
Démontrer par preuve directe : "Si n est pair, alors n² est pair".
Exercice 2
Démontrer par contraposée : "Si n² est impair, alors n est impair".
Exercice 3
Démontrer par disjonction des cas : "Pour tout entier n, n² + n est pair".
Exercice 4
Démontrer par récurrence : "Pour tout entier n ≥ 1, 1 + 2 + ... + n = n(n+1)/2".
Exercice 5
Démontrer : "Pour tout entier n, n(n+1) est pair" (par disjonction des cas).
Corrigé : Exercices 1 à 3
1 Preuve directe
Définition :

Preuve directe : Supposer la prémisse vraie et démontrer la conclusion par une suite d'arguments logiques.

Méthode de preuve directe :
  1. Supposer que la prémisse est vraie
  2. Développer des arguments logiques
  3. Arriver à la conclusion
  4. Conclure que l'implication est vraie
Étape 1 : Supposer la prémisse

Supposons que n est un entier pair

Par définition, cela signifie qu'il existe un entier k tel que n = 2k

Étape 2 : Calculer n²

n² = (2k)² = 4k² = 2(2k²)

Étape 3 : Identifier la structure

n² = 2(2k²)

Donc n² est de la forme 2 fois un entier

Étape 4 : Conclure que n² est pair

Puisque n² = 2(2k²) et que 2k² est un entier, n² est pair par définition

Étape 5 : Conclure la preuve

On a montré que si n est pair, alors n² est pair

Donc la proposition est démontrée

Proposition démontrée
Réponse finale :

On a démontré par preuve directe que si n est pair, alors n² est pair.

Règles appliquées :

Définition : Un entier est pair s'il est de la forme 2k pour un entier k

Substitution : Remplacer n par son expression en fonction de k

Structure : Montrer que le résultat est de la forme 2m pour un entier m

2 Contraposée
Définition :

Contraposée : L'implication \(P \Rightarrow Q\) est logiquement équivalente à \(\neg Q \Rightarrow \neg P\).

Étape 1 : Identifier la proposition à prouver

On veut prouver : "Si n² est impair, alors n est impair"

Soit P : "n² est impair" et Q : "n est impair"

On veut prouver P ⇒ Q

Étape 2 : Identifier la contraposée

La contraposée est : \(\neg Q \Rightarrow \neg P\)

C'est-à-dire : "Si n n'est pas impair, alors n² n'est pas impair"

Ou encore : "Si n est pair, alors n² est pair"

Étape 3 : Supposer la négation de Q

Supposons que n n'est pas impair, c'est-à-dire que n est pair

Donc il existe un entier k tel que n = 2k

Étape 4 : Calculer n²

n² = (2k)² = 4k² = 2(2k²)

Étape 5 : Conclure que n² est pair

n² = 2(2k²), donc n² est pair

Donc n² n'est pas impair

Étape 6 : Conclure la preuve

On a prouvé que si n est pair, alors n² est pair

Donc la contraposée est vraie

Par conséquent, la proposition originale est vraie

Proposition démontrée par contraposée
Réponse finale :

On a démontré par contraposée que si n² est impair, alors n est impair.

Règles appliquées :

Contraposée : \(P \Rightarrow Q\) équivaut à \(\neg Q \Rightarrow \neg P\)

Équivalence : Prouver la contraposée équivaut à prouver l'original

Logique : La contraposée est souvent plus facile à prouver que l'original

3 Disjonction des cas
Définition :

Disjonction des cas : Diviser la preuve en cas exclusifs couvrant toutes les possibilités.

Étape 1 : Identifier la proposition

On veut prouver : "Pour tout entier n, n² + n est pair"

Étape 2 : Identifier les cas possibles

Pour tout entier n, il est soit pair, soit impair

On va examiner les deux cas

Étape 3 : Cas 1 - n est pair

Si n est pair, alors n = 2k pour un certain entier k

n² + n = (2k)² + 2k = 4k² + 2k = 2(2k² + k)

Donc n² + n est pair

Étape 4 : Cas 2 - n est impair

Si n est impair, alors n = 2k + 1 pour un certain entier k

n² + n = (2k + 1)² + (2k + 1)

= 4k² + 4k + 1 + 2k + 1

= 4k² + 6k + 2

= 2(2k² + 3k + 1)

Donc n² + n est pair

Étape 5 : Conclusion

Dans tous les cas (n pair ou impair), n² + n est pair

Donc la proposition est vraie pour tout entier n

Étape 6 : Vérification

On peut vérifier avec quelques exemples :

Pour n = 0 : n² + n = 0 + 0 = 0 (pair)

Pour n = 1 : n² + n = 1 + 1 = 2 (pair)

Pour n = 2 : n² + n = 4 + 2 = 6 (pair)

Proposition démontrée par disjonction des cas
Réponse finale :

On a démontré par disjonction des cas que pour tout entier n, n² + n est pair.

Règles appliquées :

Exhaustivité : Les cas doivent couvrir toutes les possibilités

Exclusivité : Les cas doivent être mutuellement exclusifs

Conclusion : La propriété doit être vraie dans chaque cas

Corrigé : Exercices 4 à 5
4 Récurrence
Définition :

Récurrence : Méthode de preuve pour les propriétés portant sur les entiers naturels.

Étape 1 : Énoncer la propriété à prouver

Pour tout entier n ≥ 1, notons P(n) la propriété :

P(n) : 1 + 2 + ... + n = n(n+1)/2

Étape 2 : Initialisation

Vérifions P(1) : 1 = 1(1+1)/2 = 1×2/2 = 1 ✓

Donc P(1) est vraie

Étape 3 : Hérédité

Supposons que P(k) est vraie pour un certain entier k ≥ 1

Cela signifie : 1 + 2 + ... + k = k(k+1)/2

Étape 4 : Démontrer P(k+1)

On veut montrer que P(k+1) est vraie, c'est-à-dire :

1 + 2 + ... + k + (k+1) = (k+1)(k+2)/2

Étape 5 : Utiliser l'hypothèse de récurrence

1 + 2 + ... + k + (k+1) = [1 + 2 + ... + k] + (k+1)

= k(k+1)/2 + (k+1) (par hypothèse de récurrence)

= k(k+1)/2 + 2(k+1)/2

= (k(k+1) + 2(k+1))/2

= ((k+1)(k + 2))/2

= (k+1)(k+2)/2

Étape 6 : Conclusion

On a prouvé l'initialisation et l'hérédité

Par le principe de récurrence, P(n) est vraie pour tout entier n ≥ 1

Proposition démontrée par récurrence
Réponse finale :

On a démontré par récurrence que pour tout entier n ≥ 1, 1 + 2 + ... + n = n(n+1)/2.

Règles appliquées :

Initialisation : Vérifier la propriété pour la valeur de départ

Hypothèse : Supposer la propriété vraie au rang k

Hérédité : Démontrer qu'elle est vraie au rang k+1

5 Disjonction des cas
Définition :

Disjonction des cas : Méthode de preuve en examinant toutes les situations possibles.

Étape 1 : Énoncer la proposition

On veut prouver : "Pour tout entier n, n(n+1) est pair"

Étape 2 : Identifier les cas possibles

Pour tout entier n, il est soit pair, soit impair

On examine les deux cas

Étape 3 : Cas 1 - n est pair

Si n est pair, alors n = 2k pour un certain entier k

n(n+1) = 2k(2k+1) = 2k × (2k+1)

Donc n(n+1) est pair (multiple de 2)

Étape 4 : Cas 2 - n est impair

Si n est impair, alors n = 2k+1 pour un certain entier k

n(n+1) = (2k+1)((2k+1)+1) = (2k+1)(2k+2)

= (2k+1) × 2(k+1) = 2(2k+1)(k+1)

Donc n(n+1) est pair (multiple de 2)

Étape 5 : Observation importante

On peut aussi observer que parmi deux entiers consécutifs n et n+1, l'un est nécessairement pair

Donc leur produit est pair

Étape 6 : Conclusion

Dans tous les cas, n(n+1) est pair

Donc la proposition est vraie pour tout entier n

Étape 7 : Vérification

Exemples : n = 0 : 0×1 = 0 (pair), n = 1 : 1×2 = 2 (pair), n = 2 : 2×3 = 6 (pair)

Proposition démontrée par disjonction des cas
Réponse finale :

On a démontré par disjonction des cas que pour tout entier n, n(n+1) est pair.

Règles appliquées :

Alternatives : Parmi deux entiers consécutifs, l'un est pair

Produit : Si un facteur est pair, le produit est pair

Complétude : Les cas examinés couvrent toutes les possibilités

Cours bien détaillé
(P \Rightarrow Q) \equiv (\neg Q \Rightarrow \neg P)
Contraposée
🎯
Preuve directe : Supposer P vraie et démontrer Q par une suite d'arguments logiques.
📏
Contraposée : Pour prouver \(P \Rightarrow Q\), prouver \(\neg Q \Rightarrow \neg P\).
📐
Disjonction : Diviser la preuve en cas selon les différentes possibilités.
📝
Récurrence : Initialisation + Hérédité = Validité pour tous les entiers.
💡
Conseil : La contraposée est souvent plus facile à prouver que l'original
🔍
Attention : Dans une récurrence, ne pas oublier l'initialisation
Astuce : Pour prouver qu'un nombre est pair, montrer qu'il est divisible par 2
📋
Méthode : Pour une disjonction des cas, vérifier que les cas sont complets
Vérification : Toujours vérifier quelques exemples simples
Méthodes de démonstration :
  • Preuve directe : Supposer la prémisse et arriver à la conclusion
  • Contraposée : Supposer la négation de la conclusion et arriver à la négation de la prémisse
  • Raisonnement par l'absurde : Supposer la négation de la conclusion et arriver à une contradiction
  • Disjonction des cas : Examiner toutes les situations possibles
  • Récurrence : Initialisation et hérédité pour les propriétés des entiers
Règles importantes :
  • Une preuve doit être rigoureuse et suivre une logique inattaquable
  • Chaque étape d'une preuve doit être justifiée
  • La contraposée est logiquement équivalente à l'implication originale
  • La récurrence ne s'applique qu'aux propriétés des entiers naturels
Directe
\(P \Rightarrow Q\)
Supposer P, prouver Q
Contraposée
\(\neg Q \Rightarrow \neg P\)
Équivalent à original
Récurrence
Initialisation + Hérédité
P(n) vraie ∀n
Arguments et démonstrations Raisonnement logique